Inventer une langue ? Quelle idée farfelue et saugrenue ! Pas si sûr. L'exercice ouvre des espaces de
liberté inédits pour un musicien. Et n'allons pas croire que tout cela ne signifie rien.
C'est le son, le bruit des mots qui font sens.

— Patrick Labesse - Le Monde

RICHARD MONSÉGU | DIRECTEUR ARTISTIQUE

→ VOIX ÉPIQUE
→ CHANT, PERCUSSIONS, DANSE

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Percussionniste, batteur et chanteur, Richard Monségu se présente comme un musicien sociologue, et non l'inverse.

Pendant 9 ans, dans le cadre de ses études d’Anthropologie et de Sociologie de la musique, il enquête sur le terrain des fêtes et des mariages en jouant des percussions avec des musiciens et des danseurs algériens, marocains, guinéens, sénégalais, afghans, gitans ou antillais en France et à l'étranger. Cette expérience singulière avec les cultures musicales extra-européennes traditionnelles et électriques détermine, encore aujourd'hui, sa posture de compositeur et de concepteur d'objet artistique. De 1991 à 2002, il multiplie les expériences musicales sur scène et en studio (une dizaine d’album) dans les esthétiques world, chanson, trad, électro, jazz, rock.

Il diffuse son travail sociologique et artistique sur les « cultures musicales d’exil » par des conférences, articles ou interviews depuis 1995. Il coréalise le CD « Musiciens du Maghreb à Lyon » (1996) produit par le Centre des Musiques Traditionnelles en Rhône-Alpes avec l'ethnomusicologue et musicien Eric Montbel.

En 1998, il rencontre Sébastien Tron. La connexion artistique et la complémentarité musicale sont immédiates. Ils cosignent les compositions et les arrangements de nombreuses créations. Cinq ans plus tard, ils créent les « musiques de l’Interterrestre » avec le groupe Antiquarks.

Richard Monségu développe un travail singulier sur la voix. Il triture et articule des phonèmes pour créer l’illusion d’une vraie langue. En tant que vocaliste, il crée une intention dans le timbre de la voix et dégage une authentique émotion sans rien dire. L’auditeur imagine sans peine une signification universelle parce que les signes résonnent. On est donc bien loin du scat et du chant yaourt. Sa voix semble exprimer l’émotion de révolutions humanistes, le trouble et l’exaltation d’aventures héroïques. La ferveur délicate de son timbre s’inspire de Stevie Wonder, Pedro Aznar, Joni Mitchell, Bobby McFerrin ou David Bowie mais aussi de chanteurs méconnus du monde latin, arabe, perse ou africain qu’il a découvert dans sa jeunesse.

Titulaire d'un D.E.A. en Sciences Sociales (1999), Richard Monségu a enseigné la sociologie et l'anthropologie à Lyon II, les percussions et la batterie au CRR de Lyon et en Ecoles de Musique (Péage de Roussillon et Vienne) mais décide de quitter le monde académique en 2008. Il se consacre alors à la redéfinition collective d'actions pédagogiques et autonomes avec l'association Coin Coin Productions et le groupe de musique Antiquarks, tous deux fondés en 2004 avec Sébastien Tron.

Pour produire des effets créateurs durables, le travail artistique et pédagogique de Richard Monségu s'inspire des recherches de Pierre Bourdieu (socioanalyse) et de Gaston Bachelard (psychanalyse de la connaissance). Il ouvre des ateliers de socioanalyse à la MJC des Rancy (Lyon) en 2008 et intervient à l'Université Populaire de Lyon depuis 2011.